Le dernier programme en date du CAM au Sri Lanka a ouvert en août dernier dans le district de Batticaloa, au nord-est du pays. Grâce aux financements de la Délégation à l’Action Humanitaire (devenue Centre de Crise), la Fondation AstraZeneca et de l’Organisation Mondiale de la Santé, trois cliniques mobiles médicales ont effectivement été mises en place, afin d’apporter un soutien aux populations villageoises récemment retournées dans leurs villages d’origine suite à la stabilisation de la situation sécuritaire de la zone. La région de Batticaloa a été sévèrement touchée par le conflit interne et un nombre important de déplacés internes ont été forcés de fuir leurs villages en 2006 et 2007. Les villages couverts par le CAM étant éloignés et difficiles d’accès, ces populations n’auraient pas accès à des soins de santé primaires sans les cliniques mobiles.
Parler ici en chiffres pour mesurer cet éloignement ne suffirait pas à montrer l’extrême reculement de ces villages. Tous les matins en effet, les trois cliniques mobiles, composées chacune d’un docteur, d’un ou une infirmière, et de deux assistants médicaux, parcourent 70 kilomètres pour rejoindre leur lieu de travail, un village différent par jour de la semaine, soit 5 villages différents par semaine pour chacune d’elles. Elles n’atteindront en réalité leur destination qu’environ une heure et demie plus tard, le parcours étant entrecoupé par différents « checkpoints » (points de contrôle militaire) où il faut à chaque fois prouver que le CAM dispose de l’autorisation d’intervenir dans la zone.
On comprend de ce fait pourquoi l’arrivée des équipes des cliniques mobiles du CAM a suscité autant d’enthousiasme parmi les populations. Pour ces villageois, pour qui auparavant aller chez le docteur signifiait marcher trois heures durant ou parcourir à vélo les 35km qui les séparaient de l’hôpital le plus proche, la mise à disposition gratuitement de consultations médicales et de médicaments a considérablement changé la donne. Surtout que la majorité des patients est composée d’enfants et de personnes âgées.
Même la longueur de la file d’attente ne les effraie pas : ils attendent patiemment leur tour. D’abord le passage par le bureau des assistants médicaux qui les enregistrent et qui peuvent procéder aux soins les plus simples comme les pansements ou la pesée des enfants pour déceler les éventuels cas de malnutrition ; ensuite la consultation médicale proprement dite, derrière un paravent ; et enfin le passage final auprès de l’infirmière qui leur délivre les médicaments et leur explique comment et à quelle fréquence les utiliser. Le nombre de patients traités est en moyenne de 60 à 70 personnes par jour, et un suivi régulier est également apporté aux patients lors des visites suivantes.

