Le sud-est de la République Centrafricaine (RCA) souffre aujourd’hui de son isolement, de pénurie de ressources et d’insécurité. A cela s’ajoute, l’état déplorable dans lequel se trouve l’unique hôpital de la région, qui s’efforce, malgré tout, de répondre au mieux aux besoins des communautés locales.
Bordée au sud par la République Démocratique du Congo (RDC) et à l’est par le Soudan, la préfecture du Haut Mbomou est victime d’attaques incessantes de la part de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Depuis l’incursion de ce groupe rebelle ougandais dans le sud-est du pays en 2008, l’insécurité s’est accrue dans la région, contraignant la majorité des centres de santé de cette région à fermer. Depuis lors, une grande partie de la population locale n’a que très peu, voire plus accès aux soins de santé.
La crise humanitaire que traverse actuellement le Haut Mbomou suscite peu d’intérêt. C’est dans ce contexte que le Comité d’Aide Médicale a réalisé une mission exploratoire en décembre 2009 afin de déterminer les besoins en santé des déplacés internes, des réfugiés de la RDC ayant fui les attaques et des populations locales présents dans le Haut Mbomou, principalement dans l’hôpital du chef-lieu de la région, Obo.
Les conclusions de cette mission se sont avérées désastreuses. En effet, l’hôpital d’Obo est peu fonctionnel, moins de 12% des naissances sont assistées par du personnel qualifié, et les deux ONG locales implantées dans la région sont submergées par l’immensité du travail à accomplir.
Grâce aux financements des Nations Unies (Programme des Nations Unies pour le Développement et l’Organisation Mondiale de la Santé), et malgré un contexte sécuritaire inquiétant, le CAM débutera un projet sur l’hôpital d’Obo au début de l’année 2010 afin de favoriser l’accès aux soins à des communautés qui ne demeureront plus dans l’oubli dans cette région de la CentrAfrique.