Soigner les symptômes d’une maladie sans traiter les causes de cette maladie, c’est comme tenter de stopper une inondation avec quelques sacs de sable. C’est un palliatif qui sera utile sur le moment mais qui n’aura aucun effet sur les causes de l’inondation. Au Darfour (Soudan), le CAM collabore avec des économistes de la santé, bénévoles du Medical Aid Committee, et tente ainsi de traiter directement les causes plutôt que les symptômes. Cette collaboration n’a pas seulement pour objectif de comprendre les besoins en santé des communautés locales, mais aussi d’évaluer leurs connaissances sur la santé préventive, l’hygiène et les mauvaises pratiques des familles qui affectent la morbidité et la mortalité.
En mesurant régulièrement l’impact des programmes de soins de santé primaire, d’éducation à la santé communautaire, et d’eau et assainissement, nous souhaitons améliorer les soins fournis à la population en adoptant nos programmes aux besoins locaux. D’autre part, nous sommes également en mesure d’identifier les lacunes en santé des populations et d’y remédier en développant des activités de sensibilisation sur les mesures de préventions telles que la nutrition et l’immunisation. Ce type d’activités a pour objectif d’endiguer la maladie avant que les symptômes n’apparaissent au sein de la communauté.
Les résultats de l’étude montrent à quel point l’enseignement des programmes est efficace et encouragent les bons comportements en santé au sein de la population locale (par exemple chlorer l’eau). Selon Sarah Lyon-Caen, épidémiologiste et statisticienne, les ateliers d’éducation à la santé communautaire ont un impact positif sur les bénéficiaires : « en 2009, la majorité des personnes interrogées savait que la diarrhée pouvait être transmise par l’eau (56%), alors qu’un an plus tôt, elles n’étaient que 33%. »
Les études réalisées ont aussi mis en exergue la relation qui existait entre les comportements et les effets que de tels comportements induisaient sur la santé en général (par exemple, les individus qui boivent de l’eau potable sont moins enclins aux maladies liées à l’eau).
Nous espérons obtenir des résultats aussi probants lors de notre nouvelle étude, réalisée en décembre 2009 et qui incluait 280 ménages.
Disposant d’une meilleure compréhension des besoins en santé et des comportements au Darfour, notre équipe sera mieux armée pour concevoir et réaliser des programmes les plus efficaces possible. Selon nos économistes, les résultats de l’étude nous apprennent à conceptualiser des programmes de santé qui pourront dans l’avenir, être appliqués ailleurs qu’au Darfour.