En 2002, la mission saturnisme est donc mise en place. Puis, en 2005, vient se greffer la mission sociale d’accompagnement des occupants, dans le cadre du projet insalubrité et mesure d’urgence de lutte contre le saturnisme, développé par la Direction Départementale de l’Equipement(DDE).
SATURNISME :
Le saturnisme est le nom donné à l’intoxication aigue ou chronique par le plomb. Elle se produit par l’inhalation de poussières ou l’ingestion d’écailles de peinture à la céruse(sels de plomb).
Bien qu’interdite en 1948, elle subsiste encore sous les nouvelles couches de peinture ou de papiers peints. Provenant de la dégradation des murs en cas d’insalubrité, les jeunes enfants sont particulièrement touchés de part leur comportement inné à mettre tout à la bouche. En cas de carence en fer, le comportement de pica ne fait qu’augmenter ce risque tout comme la sur occupation des logements en cas de grande pauvreté. (en savoir plus)
L’intoxication au plomb se manifeste par différents signes tels que des coliques, un liserai de Burton (liserai noirâtre gingival), des lésions rétiniennes, rénales et atteintes du système nerveux central entraînant un retard psychomoteur. (en savoir plus)
Notre mission est principalement basée sur la prévention et l’accompagnement des familles. Le traitement chétaleur est effectué dans des services de soins adaptés
Chez la femme enceinte, intoxiquée, elle peut avoir des effets possible sur la croissance fœtale, la durée de la gestation et l’apparition de malformations.
NOS ACTIONS :
Elles reposent sur un travail de partenariat avec les différents interlocuteurs en charge des missions pour lutter contre le saturnisme (DDASS, DDE , Bureau d’études, associations. . ), complétées par une approche sur le terrain pour instaurer une relation de confiance et créer un lien avec les familles précarisées. L’infirmière et l’accompagnateur social travaillent donc en binôme auprès des occupants des immeubles à risque et plus précisément des familles avec de jeunes enfants ; la DDASS leur fournissant la liste des adresses dont la présence de plomb s’est avérée positive.
Le travail de l’infirmière est centré autour de 5 axes principaux :
- présentation des risques pour la santé liés à la présence de peintures au plomb sur les murs dégradés dans l’habitat ou les parties communes : le saturnisme, ses causes, la gravité, le traitement
- Incitation au dépistage sanitaire des enfants mineurs auprès des PMI et médecins traitants
- conseils de prévention sur l’hygiène et l’entretien du logement, information sur les comportements à adopter selon un dépliant informatif
- suivi du dépistage auprès des familles
- et enfin par la réalisation d’enquêtes environnementales ayant pour but de trouver d’autres sources d’intoxication autres que les peintures : les plats à tajines, le kohl
IMPACT :
Dans le département de la Seine Saint-Denis :
En 2005, le CAM s’est vu attribuer 24 villes sur 40 que compose le département. 163 visites ont été réalisées, soit 79 pour les parties communes et 84 pour les parties privatives. 332 préventions orales ont été effectuées et 274 enfants de 6 mois à 6 ans (population cible) sensibilisées. 170 plombémies ont été demandées,récupérées et transmises à la D.D.A.S.S.
A l’occasion de l’Opération Programmée de l’Amélioration de l’Habitat de Saint-Mandé :
L’OPAH a un territoire comprenant 300 immeubles construit avant 1948 dont 19 prioritaires (dégradés et/ou arrête d’insalubrité et/ou risque d’intoxication au plomb supposé ou avéré). Cette mission a pour but de prévenir toutes les familles avec enfants de moins de 6 ans des risques d’une intoxication au saturnisme et de les orienter vers un dépistage. Il s’agit donc de « portes à portes » afin de déceler des conditions de logement « insalubre ». Depuis le début de la mision, novembre 2007, nous nous sommes rendu dans 39 immeubles, avons visité 112 familles orientant ainsi 18 enfants vers un dépistage.
(article du Saint-Mandé INFO n° 147)
Les actions de prévention contre le saturnisme sont donc une coopération entre les différents acteurs et les bénéficiaires, afin d’enrayer une maladie souvent liée à la précarité, l’insalubrité et la négligence des propriétaires.